Bac 2026 « Comprendre le Théâtre de l’Absurde en 5 Minutes »

I. L’étymologie du mot « absurde »

Le mot absurde vient du latin absurdus, qui signifie « dissonant » — littéralement : « qui sonne mal ». Il évoque ce qui est contraire à la raison, illogique, dénué de sens


II. Les origines et la définition du « théâtre de l’absurde »

L’expression « théâtre de l’absurde » a été utilisée pour la première fois en 1962 par l’écrivain et critique Martin Esslin. Elle désigne un courant théâtral majeur du XXe siècle, notamment dans la France des années 1950. Ce théâtre rompt avec les conventions traditionnelles du théâtre occidental, comme les unités de temps, de lieu et d’action.

Les dramaturges de l’absurde partagent une volonté commune : montrer l’échec de la communication humaine et souligner la perte de sens dans un monde marqué par les traumatismes de l’Histoire, notamment la Seconde Guerre mondiale. Le langage y est souvent vidé de son sens, les dialogues deviennent illogiques ou mécaniques. L’homme cherche désespérément un sens… et n’en trouve pas, ce qui engendre angoisse et silence.

Ce théâtre ne peut être qualifié de tragique au sens classique, même si les sujets traités sont profonds et sombres. Il met en lumière l’absurdité de la condition humaine, souvent par une mise en scène étrange, burlesque ou déstabilisante.

🧠 Pour Ionesco, ce théâtre pose avant tout le problème de la condition humaine.


III. Les sources philosophiques

Le théâtre de l’absurde trouve ses racines dans la pensée existentialiste, notamment chez Jean-Paul Sartre et Albert Camus, bien que ceux-ci utilisent une dramaturgie plus traditionnelle. Camus, dans Le Mythe de Sisyphe, définit l’absurde comme le conflit entre le désir humain de sens et l’indifférence du monde.

Ce courant s’inspire également du surréalisme (🎨 — patience, on y viendra en fin d’année !), et s’oppose radicalement au réalisme (ça, c’est dans vos cours de seconde…).


IV. Les caractéristiques du théâtre de l’absurde

Disparition de l’intrigue : pas de progression narrative traditionnelle ; les situations stagnent.

Crise du personnage : les personnages semblent vides, sans identité, parfois réduits à des pantins.

Temps et lieu flous : décontextualisation totale.

Langage déstructuré : le langage ne communique plus, il détruit le sens ; accumulation de silences, répétitions, phrases incohérentes.

Mise en scène visuelle et sensorielle : peu d’actes ou de scènes, importance du mime, du clown, des gestes, lumières, sons…

Didascalies nombreuses : elles prennent parfois plus de place que le dialogue.

Ambiance tragique mêlée de comique : solitude, mort, absurdité de la vie… mais présentés dans une forme décalée, grotesque.


Exemples d’œuvres représentatives

En attendant Godot, Fin de partie, Oh les beaux jours – Samuel Beckett

La Cantatrice chauve, Rhinocéros, Le Roi se meurt – Eugène Ionesco

Les Chaises, L’Amédée ou comment s’en débarrasser – Ionesco encore (on ne s’en lasse pas)

Not I ou Quad – Beckett (poussant l’absurde à son extrême)

Publié par serenee41a946e68

professeur, élargir la connaissance

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