Proposition de correction
Parcours associé : Mensonge et comédie
Sujet : Dans Le Menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?
Introduction :
Le mensonge constitue un ressort comique essentiel dans le théâtre classique, notamment dans Le Menteur de Pierre Corneille. Dans cette comédie, le héros, Dorante, multiplie les affabulations pour se rendre intéressant et séduire. Toutefois, si le mensonge amuse, il devient aussi incontrôlable. Dès lors, peut-on affirmer que l’art du mensonge est toujours maîtrisé dans Le Menteur ? Nous verrons d’abord que le mensonge est un artifice brillamment manié, avant de montrer qu’il peut aussi échapper au contrôle de celui qui l’emploie, jusqu’à remettre en question identité et vérité.
I. Le mensonge comme stratégie maîtrisée et comique
Dorante incarne le menteur virtuose, capable d’improviser des récits fantasques (par exemple, son faux duel à Poitiers).
Le spectateur est complice de ses mensonges : cela renforce l’effet comique.
Le mensonge devient un jeu théâtral, où l’on joue avec les apparences, à la manière d’une mise en abyme du théâtre lui-même.
II. Une maîtrise fragile qui vire au chaos
Les quiproquos se multiplient : Dorante confond Clarice et Lucrèce, provoquant une suite de malentendus.
Les mensonges deviennent difficiles à suivre, même pour Dorante, qui s’empêtre dans ses propres inventions.
Le spectateur rit des difficultés croissantes du héros à maintenir son histoire.
III. Le mensonge comme outil de révélation et de critique sociale
Le retour à la vérité est nécessaire pour rétablir l’ordre à la fin : aveu, pardon, mariage.
Le mensonge est aussi une critique de la société où l’apparence compte plus que l’être.
La pièce pose une réflexion sur l’identité : qui est-on réellement derrière les discours fabriqués ?
Conclusion :
Si Dorante semble d’abord maîtriser l’art du mensonge avec talent, ses inventions finissent par l’entraîner dans un enchevêtrement qu’il ne peut plus contrôler. Le Menteur démontre ainsi que le mensonge, en comédie, est à la fois source de plaisir et de confusion, jusqu’à exiger un retour à la vérité pour dénouer l’intrigue.