
Préambule de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges (1791)
Problématique : Comment Olympe de Gouges utilise-t-elle le préambule pour poser les bases de son engagement féministe et dénoncer l’exclusion des femmes ?
Introduction (1 min)
Je vais vous présenter un extrait de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, écrite en 1791 par Olympe de Gouges, femme de lettres engagée. Ce texte répond directement à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, en soulignant l’exclusion des femmes de ces droits fondamentaux.
Dans le préambule, qui est l’introduction du texte, Olympe de Gouges expose les raisons de sa démarche et les fondements de son engagement .
Problématique : Comment Olympe de Gouges utilise-t-elle le préambule pour poser les bases de son engagement féministe et dénoncer l’exclusion des femmes ?
Je structurerai ma présentation en trois parties :
1. Une revendication collective et politique
2. Une dénonciation argumentée de l’injustice
3. Une déclaration solennelle et polémique
I. Une revendication collective et politique (l. 1-4) (env. 2 min)
Olympe de Gouges commence son préambule en parlant au nom de toutes les femmes, à travers l’énumération « mères, filles, sœurs ». Ce procédé met en valeur la diversité des femmes et renforce le caractère universel de leur revendication.
Elle les qualifie ensuite de « représentantes de la Nation », une synecdoque, car elle utilise un groupe restreint pour représenter toutes les femmes françaises. Cela donne aux femmes une légitimité politique, équivalente à celle des hommes.
Procédé : synecdoque → transforme les femmes en actrices politiques à part entière.
Le verbe « demandent », au présent de l’indicatif, marque un présent d’énonciation, ce qui donne une portée performative à l’acte : en énonçant cette demande, elles agissent déjà.
Procédé : présent d’énonciation → transforme la parole en acte politique.
Enfin, elle réclame une « Assemblée nationale féminine », une institution qui n’existe pas. Ce procédé d’ironie implicite met en lumière l’absence des femmes dans la Révolution. 👉 Procédé : ironie implicite critique le monopole masculin
II. Une dénonciation argumentée de l’injustice (l. 5-13) (env. 2 min)
Dans la deuxième partie, Olympe de Gouges développe un raisonnement structuré. Le mot « considérant » introduit une argumentation logique, comme dans les textes juridiques. Procédé : lexique du raisonnement juridique donne une légitimité intellectuelle et politique à la déclaration.
Elle utilise ensuite une gradation dans l’énumération « ignorance, oubli, mépris », pour montrer l’évolution de la violence symbolique : d’une simple négligence à une exclusion volontaire et méprisante.
Procédé : gradation insiste sur la gravité croissante de l’injustice faite aux femmes.
Puis, elle accuse directement cette injustice d’être la cause des « malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Cela relève du registre polémique, car elle critique frontalement le pouvoir politique.
Procédé : registre polémique dénonce l’exclusion des femmes comme destructrice pour la société.
Enfin, elle propose une déclaration des droits de la femme qualifiée par plusieurs adjectifs : « solennelle, naturelle, inaltérable et sacrée ». Cette énumération d’adjectifs qualificatifs renforce la valeur universelle et morale de ces droits.
Procédé : énumération qualificative confère aux droits des femmes une portée universelle et intemporelle.
III. Une déclaration solennelle et un ton polémique (l. 14-16) (env. 1 min 30)
Dans les dernières lignes, Olympe de Gouges renforce son message en utilisant un ton solennel et provocateur. Le connecteur logique « En conséquence » marque la conclusion logique de son raisonnement.
Procédé : articulation logique souligne la cohérence de sa pensée.
Puis elle écrit que la femme est le « sexe supérieur en beauté comme en courage », ce qui est une antiphrase ironique : elle invalide les discours sexistes en exagérant volontairement leurs arguments.
Procédé : antiphrase / ironie → critique les préjugés misogynes par la provocation.
Elle mentionne aussi les « souffrances maternelles », pour rappeler que les femmes donnent la vie mais sont exclues de la citoyenneté. Cela fait appel à un registre pathétique, en suscitant l’émotion.
Procédé : registre pathétique évoque l’injustice avec une charge émotionnelle forte.
Enfin, elle termine avec les verbes « reconnaît et déclare », au présent de l’indicatif, ce qui donne à sa parole une valeur juridique et performative, comme dans une loi.
Procédé : verbes performatifs confèrent à la déclaration une portée solennelle e
Conclusion (30 sec)
En conclusion, ce préambule est une introduction percutante et engagée, où Olympe de Gouges revendique l’égalité des sexes et dénonce l’incohérence des principes révolutionnaires.
Grâce à une écriture riche en procédés argumentatifs et littéraires (énumérations, gradation, ironie, registre pathétique…), elle transforme une dénonciation en acte politique fort.
Ouverture (30 sec)
Ce texte a été rejeté à son époque, mais il est aujourd’hui considéré comme un texte fondateur du féminisme. On peut le rapprocher de Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe, ou des luttes contemporaines pour les droits des femmes, comme la parité ou l’égalité salariale.