Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boetie. Bac 2026

Analyse structurée :

Bac de Français 2026 – Étienne de La Boétie

Introduction

Étienne de La Boétie, jeune humaniste du XVIᵉ siècle et proche ami de Montaigne, rédige vers 1549 le Discours de la servitude volontaire, texte aussi audacieux que visionnaire. Dans une France traversée par les guerres de religion et marquée par la consolidation du pouvoir monarchique, il s’interroge sur un paradoxe saisissant : comment se fait-il qu’un seul homme, le tyran, puisse dominer une multitude, si celle-ci ne l’accepte pas volontairement ? Loin d’un simple pamphlet politique, ce texte met en lumière les mécanismes psychologiques, sociaux et culturels de la soumission, tout en exaltant la valeur inaliénable de la liberté.
Nous montrerons d’abord comment La Boétie dénonce la passivité des peuples, puis comment il analyse les causes de la servitude, avant d’examiner son appel implicite à retrouver la liberté.

I. Une dénonciation de la servitude volontaire

La Boétie affirme que la liberté est naturelle, donnée à tout homme dès sa naissance.

La véritable énigme n’est pas la puissance du tyran, mais le consentement des peuples à leur propre asservissement.

Le texte dénonce la passivité et la résignation des masses qui, loin de se révolter, acceptent leur condition.

La rhétorique de l’auteur, marquée par des apostrophes et des interrogations, vise à réveiller les consciences engourdies.

II. Les causes de l’asservissement

L’habitude : dès l’enfance, les hommes sont accoutumés à obéir et perdent le goût de la liberté.

La manipulation : le tyran utilise distractions, fêtes, plaisirs ou petites récompenses pour endormir la vigilance des sujets.

La dépendance hiérarchique : un système pyramidal où chacun tient son pouvoir d’un supérieur entretient la soumission.

Ces analyses, nourries de références antiques (Platon, Tacite), montrent que la servitude est davantage culturelle que naturelle.

III. Un appel à la liberté

La Boétie ne prône pas la révolte violente mais la prise de conscience : « soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres ».

La liberté ne dépend pas de la force mais de la volonté : le peuple uni est toujours plus puissant que le tyran isolé.

L’œuvre propose ainsi une leçon universelle : la liberté se conquiert par la lucidité, la dignité et le refus du consentement.

Cet appel dépasse son époque et inspire encore les réflexions modernes sur la démocratie, la résistance et les droits de l’homme.

Conclusion

Le Discours de la servitude volontaire est bien plus qu’un texte de circonstance : il constitue une méditation intemporelle sur la condition humaine et la politique. En posant la question dérangeante de notre complicité dans l’oppression, La Boétie révèle que la servitude n’est jamais inévitable mais toujours consentie. Son œuvre, à la fois critique et libératrice, invite chaque génération à repenser le rapport entre liberté et pouvoir, et à choisir la lucidité plutôt que la soumission.
Ainsi, le texte s’inscrit dans le parcours « Défendre et entretenir la liberté » comme un jalon majeur de la pensée humaniste et de l’histoire des idées politiques.

Publié par serenee41a946e68

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