Manon Lescaut, Abbé Prévost. Présentation orale – Bac 2026

Introduction de l’œuvre et de l’extrait

Bonjour, je vais vous présenter un extrait du roman Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, publié en 1731. Ce passage se situe à la toute fin de l’œuvre. Il s’inscrit dans le parcours associé intitulé « Personnages en marge, plaisirs du romanesque », et nous allons voir comment l’auteur met en scène la mort tragique de Manon comme un moment d’intense émotion et de réflexion sur l’amour absolu.

Présentation de l’œuvre

Dans ce roman, on suit l’histoire passionnée du chevalier Des Grieux et de Manon. Tous deux vivent une relation tumultueuse, marquée par la pauvreté, la fuite, la jalousie et la passion. Cet extrait raconte la mort de Manon dans les bras de Des Grieux, dans le désert de Louisiane, et met en valeur leur amour tragique.

Mouvements de l’analyse linéaire

1. L’expression de l’incapacité à raconter (lignes 1 à 5).

2. La description de l’agonie de Manon (lignes 6 à 12).

3. Le renoncement de Des Grieux à la vie (lignes 13 à 18).

 Analyse linéaire

« N’exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments »

Des Grieux exprime ici son incapacité à parler de sa douleur. L’impératif négatif souligne que ses émotions sont trop fortes pour être exprimées.

« Je la perdis »

Cette phrase très brève, une ellipse narrative, traduit le choc et l’impossibilité d’évoquer la scène en détail.

« En touchant ses mains, qu’elle les avait froides et tremblantes »

Le champ lexical du toucher rend la scène vivante et sensorielle. La mort se fait sentir physiquement.

« Elle me dit d’une voix faible qu’elle se croyait à sa dernière heure »

Le discours indirect libre renforce la proximité entre les deux personnages tout en accentuant la gravité du moment.

« Elle me pria de m’éloigner »

Ultime preuve d’amour de Manon, qui cherche à protéger Des Grieux même en mourant.

« Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable »

Image puissante du deuil et de la volonté de Des Grieux de ne pas survivre à Manon.

« J’attendis la mort avec impatience »

L’antithèse entre ‘attendre’ et ‘impatience’ montre son désespoir total, son souhait de mourir par amour.

Conclusion + lien avec le parcours

Ce passage est un moment clé du roman, qui exprime à la fois la violence de l’amour et son intensité. Des Grieux devient un personnage en marge : exclu, solitaire, détruit par sa passion. L’auteur propose une vision du romanesque où les sentiments extrêmes, la douleur, le sacrifice, prennent une place centrale.

On retrouve donc ici toute la puissance du romanesque, à travers une scène simple mais bouleversante, qui reste longtemps en mémoire et qui touche le lecteur par son authenticité.

Manon Lescaut, de l’abbé Prévost Bac 2026

Présentation orale – Manon Lescaut (parcours : personnage en marge plaisir romanesque

deux aspects :

1. Comment l’auteur montre une passion violente et irrésistible

2. Comment cette passion est influencée par la société et devient une fatalité

I. Une passion amoureuse incontrôlable

Dès qu’il voit Manon, Des Grieux tombe amoureux. Il abandonne tout pour elle, même sa vocation religieuse.

Il vit pour elle, malgré les nombreuses fois où elle le trahit.

Leur amour est intense, mais aussi dangereux : Des Grieux ment, vole, triche… tout cela par amour.

Cette passion le détruit peu à peu, il n’arrive pas à s’en libérer.

L’auteur montre que ce n’est pas juste de l’amour : c’est comme une maladie, une obsession.

II. Une société qui favorise les passions et les rend fatales

Le roman se passe au début du XVIIIe siècle, sous la Régence : une époque corrompue, avec beaucoup d’inégalités, de luxe, de tricherie.

Manon, de son côté, aime Des Grieux mais cherche aussi le confort et le luxe. Elle change parfois d’homme pour avoir plus d’argent.

Pour la garder, Des Grieux est prêt à tout. Il se perd à cause de l’amour mais aussi à cause de cette société où tout s’achète.

La passion devient une fatalité : le destin semble déjà écrit.

À la fin, Manon meurt juste au moment où ils veulent changer de vie. Des Grieux pense que c’est un châtiment du ciel, ce qui donne un sens religieux à toute 

Conclusion

Manon Lescaut est un roman qui représente la passion amoureuse comme une force irrésistible, qui peut détruire une vie.

Prévost montre aussi que cette passion est influencée par la société de son époque, injuste et corrompue.

À travers cette histoire, on voit comment les sentiments peuvent dominer un être humain, et même l’amener à sa perte.

C’est une œuvre très forte sur le pouvoir des passion

Questions possibles et réponses 

 Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ?

 Parce que c’est une histoire d’amour passionnel mais tragique. J’ai trouvé intéressant de voir comment l’auteur montre les conséquences de la passion sur un jeune homme.

 En quoi cette œuvre correspond-elle au parcours “La représentation des passions” ?

Parce qu’on suit une passion amoureuse très forte, qui fait tout basculer dans la vie du héros. On voit comment l’amour peut devenir une obsession et tout détruire.

 Que pensez-vous du personnage de Manon ? 

C’est un personnage compliqué : elle aime Des Grieux, mais elle aime aussi l’argent et le luxe. Elle est à la fois attachante et égoïste. Je ne la juge pas, mais elle montre bien les contradictions de la passion.

Est-ce que vous pensez que Des Grieux est responsable de ce qui lui arrive ?

 En partie oui, car il fait des choix mauvais. Mais en même temps, on voit qu’il est comme “piégé” par son amour. Il n’arrive pas à s’en sortir. C’est pourquoi on parle de fatalité.

 Le style du roman vous a-t-il aidée à ressentir cette passion ?

 Oui, parce que c’est écrit comme une confession : Des Grieux raconte tout ce qu’il a ressenti. On entre dans sa tête, on comprend ses émotions, ses hésitations… Cela rend sa passion encore plus vivante.

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Evaluation – Oral de français (Bac 1re)

Lecture du texte + presentation (2 points)

Lecture fluide, expressive, respect de la ponctuation- Presentation correcte de l’auteur, de l’oeuvre, du contexte, de l’extrait

Question de grammaire (2 points)

Identification correcte du fait de langue (nature, fonction, temps…)- Justesse de l’analyse grammaticale- Explication claire et structuree4

Explication lineaire (8 points)

Comprehension du texte (globalement et en detail)- Analyse pertinente des procedes litteraires- Organisation du propos, capacite a structurer un plan- Vocabulaire litteraire maitrise

Presentation claire de l’oeuvre (titre, auteur, epoque, genre)- Reponse argumentee a la question posee- Capacite a faire des liens avec d’autres oeuvres ou problematiques- Qualite d’expression et de reflexion

Entretien sur l’oeuvre integrale (8 points)

  L’oral de français du Bac (1ʳᵉ) Bac 2026 – Fiche complète

Durée totale : 20 minutes
Note sur 20, coef. 5 (voie générale)
Tu es seul face à un examinateur que tu ne connais pas.

Déroulement de l’épreuve : étape par étape

Étape Durée Points Ce que tu dois faire

Préparation 30 minutes (hors oral) — Tu tires un texte parmi ceux que ton professeur a étudiés avec toi en classe.


Lecture + présentation du texte ~2 minutes 2 pts (sur les 20) Lire clairement, puis annoncer l’œuvre, l’auteur, le thème.


Lecture analytique

(explication linéaire) 8 minutes 8 pts Analyser le texte selon ton plan préparé. Tu dois montrer que tu comprends le sens, les procédés, l’effet produit.


Question de grammaire 2 minutes 2 pts

Répondre à une question de grammaire posée sur le texte (ex. nature/fonction, temps verbaux, subordonnées).


Présentation de l’œuvre + entretien 8 minutes 8 pts

Parler d’une œuvre intégrale que tu as lue, en lien avec une question posée. Tu échanges ensuite avec l’examinateur.

1. Lecture + introduction du texte (2 min)

Tu lis un extrait tiré d’une œuvre au programme (étudiée dans l’année).
Ensuite, tu présentes :

Le titre de l’œuvre

L’auteur

Le contexte (si c’est une scène, un monologue, un poème…)

L’enjeu du texte (ce qu’il veut dire, ce qu’il permet d’étudier)

Conseil : prépare une formule standard que tu peux adapter.

2. Lecture analytique / explication linéaire (8 min)

Tu développes une analyse du texte ligne par ligne, en suivant un plan clair.

Tu dois montrer : Que tu comprends le sens du texte

                                 Que tu repères les procédés littéraires (figures de style, registres, ton…)

                                 Que tu expliques les effets produits

Tu n’as pas besoin de tout dire : sélectionne ce qui est pertinent. 

Tu peux conclure en rappelant l’enjeu ou l’intérêt du passage dans l’œuvre.

3. Question de grammaire (2 min)

L’examinateur te pose une question liée au texte, par exemple :

Identifier le sujet d’un verbe

Reconnaître une valeur de temps verbal

Repérer une proposition subordonnée et donner sa nature

Conseil : révise les classes grammaticales, les fonctions, et les valeurs des temps.

4. Entretien sur l’œuvre intégrale (8 min)

L’examinateur te pose une question sur une œuvre que tu as étudiée en lecture cursive ou en œuvre intégrale.
Tu dois :

Présenter rapidement le titre, auteur, époque, genre

Répondre à une question sur le fond, comme :

Questions fréquentes sur l’œuvre :

Quelle vision de l’homme et du monde cette œuvre propose-t-elle ?

Comment le personnage principal évolue-t-il ?

En quoi cette œuvre est-elle représentative de son époque / courant ?

Pourquoi cette œuvre vous a-t-elle marqué ? Qu’en retenez-vous ?

Quel lien pouvez-vous faire entre cette œuvre et un autre texte ou thème étudié ?

Tu peux donner des exemples précis de scènes ou citations.

Conseils du professeur

L’auteur / l’œuvre / le type de texte / le thème

✔️ Sois structuré : introduis, développe, conclus.
✔️ N’apprends pas tout par cœur : entraîne-toi à parler naturellement.
✔️ Regarde ton interlocuteur, ne lis pas tes notes.
✔️ Prépare des fiches de révision par texte avec :

.Les procédés principaux.

.Les éléments du plan d’analyse.

Résumé des points

Lecture du texte + intro 2 pts
Explication linéaire 8 pts
Grammaire 2 pts
Œuvre intégrale + entretien 8 pts
TOTAL /20

Bac 2026 Correction du sujet de dissertation  » pour un oui ou pour un non »

Dissertation – Sujet C

Œuvre : Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non
Parcours : Théâtre et dispute
Sujet : Un critique remarque que, dans Pour un oui ou pour un non, « le dialogue est toujours, en fin de compte, un jeu dans lequel tous les coups sont permis ». Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ?

Introduction

Le théâtre repose traditionnellement sur le dialogue et la confrontation des points de vue. Dans Pour un oui ou pour un non (1982), Nathalie Sarraute, figure du nouveau roman et du théâtre contemporain, met en scène une dispute entre deux amis, dont le motif semble dérisoire. Pourtant, sous cette apparente banalité, se cache une tension verbale et affective profonde. Un critique affirme que « le dialogue est toujours, en fin de compte, un jeu dans lequel tous les coups sont permis ». Cette citation invite à considérer le dialogue comme un jeu de pouvoir, où la parole devient une arme redoutable.

Nous nous demanderons donc si le dialogue dans la pièce de Sarraute est véritablement un jeu sans règle, où tout est permis.
Dans un premier temps, nous verrons que le dialogue se présente comme un affrontement subtil entre deux personnages. Puis, nous analyserons comment cette parole ordinaire devient un jeu dangereux. Enfin, nous verrons que cette pièce propose une critique plus large de l’impossibilité de communiquer sincèrement.

I. Une dispute verbale née d’un détail, mais révélatrice d’un conflit latent

1. Un prétexte dérisoire pour un conflit profond

La pièce s’ouvre sur une querelle liée à une formule anodine : « C’est bien, ça ».

Ce déclencheur insignifiant devient l’objet d’un débat presque absurde.

Le spectateur assiste à un malentendu : un mot banal déclenche une blessure ancienne.

2. Un langage quotidien au service de la tension dramatique

Sarraute cherche à montrer l’invisible, ce qu’elle appelle les « sous-conversations ».

Les mots sont décortiqués, soupçonnés de porter un jugement ou un mépris déguisé.

Le conflit est plus sensible que rationnel : ce n’est pas ce qui est dit, mais comment c’est dit.

3. Une pièce fondée sur l’implicite et le non-dit

Les personnages n’expriment jamais directement leurs émotions.

Tout est dans le ton, l’intonation, les sous-entendus.

Cela rejoint l’idée que le dialogue est un terrain de combat invisible.


II. Le dialogue comme un jeu cruel où la parole est une arme

1. Un rapport de force entre les personnages

La parole sert à dominer, à blesser, à intimider.

Chacun tente d’avoir le dernier mot, de gagner l’argumentation.

Les échanges sont violents, même s’ils restent polis en apparence.

2. Une montée en tension maîtrisée par l’auteur

Sarraute construit un véritable duel verbal, comparable à une partie d’échecs.

Les silences, les hésitations, les répétitions contribuent à cette tension.

Le langage devient un espace de manipulation : les personnages se piègent.

3. Un jeu sans règle morale : tous les coups sont permis

Aucun respect du passé commun : l’amitié est détruite.

L’un des personnages accuse l’autre de condescendance, l’autre nie avec mépris.

Ce jeu cruel mène à une rupture définitive, sans réconciliation.


III. Une critique du langage et de l’incommunicabilité moderne

1. Sarraute et la méfiance envers le langage

Comme dans d’autres pièces contemporaines (Beckett, Ionesco), le langage est montré comme inefficace, trompeur.

Sarraute dénonce le caractère conventionnel de la parole, qui dissimule plutôt qu’elle ne révèle.

2. Le dialogue comme leurre de communication

Les deux personnages parlent, mais ne se comprennent jamais.

Le théâtre devient un lieu de solitude et de communication ratée.

3. Une modernité radicale du théâtre de Sarraute

Refus du spectaculaire, du décor, de l’intrigue classique.

La dispute remplace l’action : c’est la langue elle-même qui devient scène de combat.

Le spectateur est invité à réfléchir sur le pouvoir destructeur de la parole.


Conclusion

Ouverture

Dans Pour un oui ou pour un non, le dialogue est loin d’être un simple échange. Derrière une discussion apparemment anodine, Nathalie Sarraute met en scène un jeu cruel et sans limite, où les mots deviennent des armes et où le langage révèle les blessures intimes. La citation du critique prend alors tout son sens : dans cette pièce, tous les coups sont permis car le théâtre devient un lieu d’exploration des tensions invisibles, des malaises enfouis, et du caractère profondément conflictuel de la parole humaine.

On peut rapprocher cette œuvre de La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, où la parole est également vidée de son sens. Dans les deux cas, le théâtre devient un lieu de critique du langage et de la communication moderne, où les dialogues cachent davantage qu’ils ne dévoilent.

  Correction Sujet A : Le Menteur de Pierre Corneille

Proposition de correction

Parcours associé : Mensonge et comédie
Sujet : Dans Le Menteur, l’art du mensonge est-il toujours maîtrisé ?

Introduction :

Le mensonge constitue un ressort comique essentiel dans le théâtre classique, notamment dans Le Menteur de Pierre Corneille. Dans cette comédie, le héros, Dorante, multiplie les affabulations pour se rendre intéressant et séduire. Toutefois, si le mensonge amuse, il devient aussi incontrôlable. Dès lors, peut-on affirmer que l’art du mensonge est toujours maîtrisé dans Le Menteur ? Nous verrons d’abord que le mensonge est un artifice brillamment manié, avant de montrer qu’il peut aussi échapper au contrôle de celui qui l’emploie, jusqu’à remettre en question identité et vérité.

I. Le mensonge comme stratégie maîtrisée et comique

Dorante incarne le menteur virtuose, capable d’improviser des récits fantasques (par exemple, son faux duel à Poitiers).

Le spectateur est complice de ses mensonges : cela renforce l’effet comique.

Le mensonge devient un jeu théâtral, où l’on joue avec les apparences, à la manière d’une mise en abyme du théâtre lui-même.

II. Une maîtrise fragile qui vire au chaos

Les quiproquos se multiplient : Dorante confond Clarice et Lucrèce, provoquant une suite de malentendus.

Les mensonges deviennent difficiles à suivre, même pour Dorante, qui s’empêtre dans ses propres inventions.

Le spectateur rit des difficultés croissantes du héros à maintenir son histoire.

III. Le mensonge comme outil de révélation et de critique sociale

Le retour à la vérité est nécessaire pour rétablir l’ordre à la fin : aveu, pardon, mariage.

Le mensonge est aussi une critique de la société où l’apparence compte plus que l’être.

La pièce pose une réflexion sur l’identité : qui est-on réellement derrière les discours fabriqués ?

Conclusion :

Si Dorante semble d’abord maîtriser l’art du mensonge avec talent, ses inventions finissent par l’entraîner dans un enchevêtrement qu’il ne peut plus contrôler. Le Menteur démontre ainsi que le mensonge, en comédie, est à la fois source de plaisir et de confusion, jusqu’à exiger un retour à la vérité pour dénouer l’intrigue.

Bac 2026 Correction du sujet de dissertation  » On ne badine pas avec l’amour »

Sujet B — On ne badine pas avec l’amour de Alfred de Musset

Parcours : Les jeux du cœur et de la parole
Sujet : Les personnages s’affrontent-ils sérieusement dans On ne badine pas avec l’amour ?

Introduction

On ne badine pas avec l’amour est une pièce d’Alfred de Musset écrite en 1834. À travers un dialogue vif entre Camille et Perdican, deux jeunes gens que l’on veut unir par le mariage, l’auteur explore les rapports ambigus entre jeux amoureux et vérités profondes. Le ton léger et ironique cache des enjeux plus sérieux. Dès lors, on peut se demander si les personnages de cette pièce s’affrontent sérieusement, ou s’ils ne font que jouer avec les mots et les sentiments.

Dans un premier temps, nous verrons que la pièce met en scène un véritable jeu amoureux, fait d’esquives et de provocations. Mais nous observerons ensuite que cet affrontement devient de plus en plus sérieux. Enfin, nous analyserons comment cette opposition révèle des blessures profondes et tragiques

I. Un affrontement fondé sur le jeu et la provocation

1. Un jeu verbal constant entre Camille et Perdican

Réparties brillantes, ironie, sous-entendus.

Camille refuse les élans de Perdican, celui-ci riposte par le sarcasme.

Les dialogues sont brillants mais contournent les vrais sentiments.

2. La parole comme arme de séduction et de défense

Perdican feint l’indifférence en séduisant Rosette.

Camille parle au nom de la foi et de la prudence.

Chacun teste l’autre.

3. Un théâtre du langage avant d’être un théâtre de l’action

Peu d’événements, beaucoup d’affrontements verbaux.

On pourrait croire que tout cela n’est qu’un badinage amoureux.


II. Une rivalité amoureuse de plus en plus sérieuse

1. L’amour-propre blessé

Derrière les mots, une vraie souffrance.

Camille a été blessée dans sa foi en l’amour, Perdican dans son orgueil.

Ils s’aiment, mais refusent de se l’avouer.

2. Des conséquences tragiques

La mort de Rosette, jeune paysanne innocente, tuée par les jeux des maîtres.

Le titre devient prophétique : on ne peut pas plaisanter avec les sentiments.

3. Le jeu devient affrontement destructeur

Le théâtre se transforme en champ de bataille émotionnel.

Le ton change : l’ironie cède la place à la douleur.


III. Une critique romantique de l’amour et de la société

1. Le romantisme désenchanté de Musset

L’amour est impossible à dire sans mensonge.

L’hypocrisie sociale empêche la sincérité.

2. Des personnages en quête de vérité affective

Camille ne veut pas d’un amour conventionnel.

Perdican ne supporte pas le rejet : il veut triompher.

3. Une pièce sur la difficulté d’aimer

Musset montre que l’amour n’est pas un jeu, mais un combat contre soi-même.

Le sérieux de l’affrontement est psychologique autant que verbal.


Conclusion

Si On ne badine pas avec l’amour commence comme une comédie légère, elle révèle progressivement un conflit profond et tragique. Camille et Perdican, sous leurs airs moqueurs, s’affrontent sérieusement, chacun portant des blessures que le langage ne parvient pas à guérir. Musset transforme le jeu amoureux en drame, dénonçant une société où l’on ne sait plus dire l’amour sincèrement. Le badinage n’est qu’une façade : l’affrontement est réel.

On ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset)Bac 2026 FICHE DE RÉVISION –

Paroles arme de destruction

Manipulation et jeux des coeurs

FICHE DE RÉVISION – On ne badine pas avec l’amour (Alfred de Musset)

1. Présentation générale

Auteur : Alfred de Musset

Genre : Drame romantique en prose

Date : 1834

Contexte : Mouvement romantique (importance des passions, de l’individu, de la sensibilité)

Parcours associé (Bac) : Le jeu du cœur et de la parole

🧭 2. Résumé

Perdican et Camille, deux cousins élevés pour s’épouser, se retrouvent après plusieurs années. Camille, influencée par l’enseignement du couvent, feint l’indifférence. Perdican, blessé, joue le séducteur auprès de Rosette, jeune paysanne naïve. Les jeux de parole entre Perdican et Camille se transforment en duel cruel, où l’amour est mêlé à la manipulation. Rosette, brisée, meurt de chagrin. Perdican et Camille se retrouvent, trop tard.

🧠 3. Thèmes essentiels liés au parcours

💓 Le jeu du cœur

L’amour sincère existe (Perdican aime Camille, Camille l’aime aussi) mais il est masqué par l’orgueil, la peur d’aimer, ou l’influence sociale.

Les sentiments sont mis à l’épreuve à travers des épreuves et des manipulations.

L’amour est vu comme un jeu dangereux, dont on ne sort pas indemne.

🗣️ Le jeu de la parole

La parole masque les sentiments : ironie, sarcasme, feintes, déclarations ambiguës.

La parole est un outil de séduction, de pouvoir, mais aussi de mensonge.

Le malentendu tragique naît du manque de sincérité dans la communication.

🎭 4. Les personnages et leur rôle dans le jeu

Personnage/ Fonction dramatique

Perdican Héros romantique blessé, sensible mais fier. Il utilise la parole pour séduire, manipuler et se protéger.

Camille Fière et blessée elle aussi, elle masque ses sentiments par un masque d’indifférence et une rhétorique froide.

Rosette Victime innocente du jeu cruel entre Perdican et Camille. Elle dit peu, mais ressent profondément.

Le Baron Père de Perdican, spectateur impuissant, symbole de l’ancienne autorité.

💬 5. Citations clés commentées

Citation et analyse

« On ne badine pas avec l’amour. » Morale de l’histoire : l’amour n’est pas un jeu sans conséquences.

« Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout. » Perdican exprime le paradoxe de l’amour et l’insécurité de celui qui aime.

« Je voulais être aimée avec respect. » (Camille Elle veut un amour noble, idéalisé, mais se refuse à l’exprimer clairement.

« Le cœur d’une femme est un instrument si délicat. » Perdican manipule l’image de la femme pour séduire ou se défendre.

« Elle est morte, mon père. » Clôture tragique : l’amour mal exprimé tue l’innocence (Rosette).

📝 6. Arguments pour la dissertation (parcours « Le jeu du cœur et de la parole »)

🧩 Sujet possible : Comment les jeux du cœur s’expriment-ils à travers les jeux de parole dans la pièce ?

Argument 1 : Les sentiments sont travestis par les mots

Perdican et Camille ne disent pas ce qu’ils ressentent vraiment.

La parole devient masque.

🗨️ Exemple : Camille feint l’indifférence ; Perdican joue au séducteur avec Rosette.

Argument 2 : La parole est un outil de pouvoir dans le duel amoureux

Les joutes verbales deviennent des armes.

La parole sert à dominer, blesser, contrôler.

🗨️ Exemple : Le monologue de Perdican sur les religieuses est une attaque déguisée contre Camille.

Argument 3 : Le tragique naît de l’échec de la parole sincère

La parole échoue à transmettre l’amour véritable.

Le silence ou la parole fausse conduit à la mort (Rosette).

🌍 7. Ouvertures possibles

🗨️Exemple : Personne ne dit la vérité à Rosette → drame final.

Autres œuvres :

Les Liaisons dangereuses (Laclos) : jeu de séduction et de langage

La Princesse de Clèves (Mme de Lafayette) : retenue des sentiments, non-dits

Phèdre (Racine) : aveu, passion fatale, langage théâtral

Prolongements modernes :

Comédies romantiques : langage codé, malentendus amoureux

Réseaux sociaux aujourd’hui : jeu amoureux par la parole écrite (messages, apparences)

Bac 2025 sujets de dissertation

Sujet commentaire  bac de français 2025 le vendredi 13 juin

Mystères et Légendes